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On pense souvent que les choses se simplifient avec l’âge des enfants. En pratique, les enjeux peuvent se complexifier.
La garde : l’enfant a son mot à dire
À l’adolescence, la volonté de l’enfant prend juridiquement une place plus importante dans la répartition de la garde entre les parents. Dans un processus amiable, on en tient donc compte pour adapter au mieux la convention.
Concrètement, beaucoup d’adolescents sont moins enclins à faire des allers-retours fréquents entre deux domiciles. Ils ont leurs habitudes, leurs affaires, leur vie sociale. Cela amène souvent à envisager des organisations différentes, par exemple des alternances plus longues, comme une garde alternée de 2 semaines.
L’autorité parentale : des tensions parfois nouvelles
À l’adolescence, les décisions concernant les enfants deviennent plus sensibles : choix des études, sorties, fréquentations. C’est souvent à ce moment-là que des frictions apparaissent entre les parents, même lorsqu’il n’y en avait pas auparavant. Juridiquement, seules les décisions importantes doivent être prises conjointement, chaque parent restant libre dans l’organisation du quotidien. Toutefois, en pratique, sans un minimum de cohérence entre les parents, les tensions peuvent s'accroître.
La pension : une logique qui évolue
À l’adolescence, l’enfant est plus indépendant et a moins besoin du parent au quotidien. Ainsi, on attend du parent gardien qu’il augmente progressivement son taux d’activité, avec des repères autour de 80 % dès 12 ans, puis 100 % dès 16 ans. Cela peut conduire à l’imputation d’un revenu hypothétique, même si cette approche peut être nuancée par le juge selon la situation concrète.
Par ailleurs, lorsque l’adolescent est en apprentissage et perçoit un revenu, celui-ci peut être pris en compte partiellement pour son entretien. Dans les situations amiables, cela fait souvent l’objet de discussions entre les parents. Certains préfèrent laisser ce revenu à leur enfant pour lui permettre d’épargner, tandis que d’autres choisissent de l’intégrer partiellement dans le calcul des contributions.
Personnellement, je constate que la période des 14–18 ans, voire la jeune majorité, amène une complexité particulière lors des séparations. Les adolescents peuvent aussi être plus affectés que les jeunes enfants, notamment parce qu’ils sont eux-mêmes dans une phase de construction.
La séparation demande alors davantage de finesse.
© Pauline Borlat – Avocate & Médiatrice. Tous droits réservés. Toute reproduction, diffusion ou utilisation sans autorisation écrite est interdite.

